Committee for Motivation and Action for Freedom in Togo (CMAF-Togo)

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NI GBAGBO NI OUATERA, oui pour la Côte d’Ivoire


La Côte d’Ivoire nourrit malgré elle les actualités de ces derniers jours. Réflexions et débats de toute intensité sont menés et se mènent encore.

En ce qui me concerne, je défendrai deux principes fondamentaux dans mon élaboration.


Comment intégrer dans nos mœurs politiques en Afrique le principe de deux mandats pour tout président quel qu’il soit et, quel que soit le travail qu’il a accompli?

Premièrement : Pas plus de dix (10) ans de règne.

Que ce soit Gbagbo, Ouattara, ou quiconque le temps qu’un président aussi intelligent qu’idiot doit passer au pouvoir ne doit pas excéder les dix (10) ans. La raison est simple; le pouvoir est comme une boisson. Plus elle vieillit plus elle devient enivrante. Donc, plus individu dure au pouvoir, plus il devient saoul de ce dernier et plus tard, il se transforme en un « président » incontrôlable. L. Gbagbo, lui-même disait en 1987 : « En dix ans, on peut faire du bon travail, car quand quelqu’un exerce le pouvoir présidentiel plus de dix ans, il se prend pour le propriétaire des lieux et adopte une mentalité de monarque. C’est malsain pour la démocratie".

Les cas de « présidents » déments en Afrique sont innombrables. Dans certaines contrées africaines, nos ancêtres pour prévenir ces abus de pouvoir, déterminaient un certain nombre d’années au bout duquel le roi devrait boire une potion empoisonnée devant lui permettre de céder le trône à un autre. (Je laisse le soin aux historiens de préciser ma formulation si nécessaire). Le prétexte en est que, le roi devrait aller rejoindre ses ancêtres. C’est pourquoi, jusqu’aujourd’hui, dans certains villages africains, les héritiers désignés (exception faite aux usurpateurs) n’acceptent pas volontiers de devenir rois. Les vrais successeurs se cachent et il faut de la stratégie pour aller les dénicher de leur cachette. Voilà comment l’alternance était assurée faute de trouver mieux.

Un président qui dépasse les limites de dix (10) ans au pouvoir a le temps de tout réorganiser non pas en faveur des intérêts sacro-saints de son peuple, mais en faveur de ses propres intérêts. Donc, à mon avis, Gbagbo doit céder sa place à quelqu’un d’autre, qu’il soit Ouattara ou une autre personne. Une Ivoirienne disait dans ce sens sur la TV5 : « Gbagbo ou Ouattara, ils sont les mêmes. Tout ce que les Ivoiriens veulent, c’est de vivre en Paix ». Étant donné, la fragilité de nos démocraties naissantes, Il faudra que, nous Africains imposions un délai maximum de cinq (5) à dix (10) ans à ne dépasser au pouvoir. Nous devrions l’instaurer dans nos mœurs. L. Gbagbo en voulait s’accrocher au pouvoir à tout prix, sombre dans le crime et devra rendre des comptes aux Ivoiriens par extension aux Africains et à la communauté internationale. Peu importe l’endroit où il va être jugé. Tel sera le cas des dirigeants ou des membres des forces rebelles (FN) si avéré.

Nos Anciens nous ont appris que, si tout le monde dit qu’un tissu est noir alors qu’il est blanc, il faut accepter qu’il soit noir afin de sauver sa peau et celle des autres. Gbagbo en voulant s’accrocher au pouvoir à tout prix, ne rendra jamais service ni à lui-même ni à ses proches ni au peuple souverain de la Côte-d’Ivoire. S’il réussit contre vents et marrées à se maintenir dans son fauteuil présidentiel malgré toutes les pressions, ce serait une nouvelle université d’été qui s’ouvre aux autres dictateurs qui scrutent avec intérêt ce qui arrive un des leurs.

Prétendre défendre les valeurs panafricaines, et pourtant ériger des milices en escadrons de la mort qui tuent, assassinent et doigtent les autres africains comme étant à l’origine des problèmes ivoiriens sont contraires à ces dites valeurs.


Deuxièmement : Ne pas mettre la communauté internationale à dos.


Dans les interventions des uns et des autres, il y a une expression de colère qui se traduit par des discours disgracieux, malveillants, voire insultants envers cette communauté internationale.

Cette colère se comprend à priori dans la mesure où nous pouvons dire que la communauté internationale ne s’est pas intéressée au cas Togolais en en 2005 et en et en 2010.


Je pense que nous devons d'abord chercher à comprendre les raisons pour lesquelles la communauté internationale ne s’est pas intéressée au cas du Togo. Il nous faut penser à comment aller chercher cette communauté internationale pour la prochaine fois au lieu de la blâmer dans toutes sortes de discours qui pourraient nuire à notre situation (politique, économique et sociale) déjà chaotique. Nos ennemis traditionnels ne pourront qu’applaudir pour que ces genres de discours autodestructeurs continuent afin qu’ils se maintiennent éternellement au pouvoir.


Il est légitime que nous condamnions la communauté internationale pour ses pratiques de «deux poids deux mesures». Toutefois, nos condamnations doivent être mesurées et nuancées. Nos anciens nous ont appris que, si nous faisons face à quelqu’un de plus fort que nous, nous devons user de la ruse ou de la stratégie. Évitons d’induire nos peuples en erreur. Aujourd’hui, aucun pays au monde ne peut se développer en vase clos sans l’intervention de la communauté internationale au risque de se retrouver à l’ère de la pierre taillée. Nous faisons nos courses actuellement dans notre belle capitale Lomé en pirogues grâce à l’ingénierie de ceux que nous connaissons. Épargnons à Lomé d’être construit dans les années à venir sur des pilotis.


Soyons sincères envers nous même en sachant que le cas Togolais est très compliqué. Il est rare de trouver un cas atypique togolais en Afrique où les supposés opposants à un régime acceptent des présents ou des promesses pieuses à la veille de chaque élection au détriment des intérêts du peuple dont ils se proclament le porte-parole. Si le Togolais ne sait plus qui est le vrai opposant au régime en place, il en est de même pour la communauté internationale. Dès qu’une personne est élevée par le peuple, on le retrouve aussitôt dans la mangeoire ». Même Dieu dans cet imbroglio est incapable d’oindre un élu du peuple. Tous nos supposés « Moïse » nous ont trahis.

En réalité, la communauté internationale sait qu’il n’y avait pas de vrai opposant au régime togolais du moins jusqu’à la dernière élection présidentielle. Le dernier cas le plus patent est là et se déroule sous nos yeux.


Comment peut-on expliquer à un mortel aussi faible en jugement soit-il que, quelqu’un ayant été sanctifié comme opposant « historique » d’un peuple depuis des générations atterrit soudainement dans les bras du fils de celui qu’il prétendait être son ennemi juré? Des exemples de ce type sont rares dans l’histoire des hommes. Pourtant, au Togo, grâce à notre pardon légendaire, ce mal absolu vit parmi nous et veut tout détruire maintenant qu’il est découvert.


J’en appelle au bon sens de tous les Togolais d’éviter de vouloir mettre la communauté internationale à dos. Prenons-la plutôt au fait, car des élections, il y en aura bientôt au Togo comme ailleurs en Afrique.

Je nous invite également à lire les signes de l’histoire. Ne sommes-nous pas étonnés de voir pour la première fois la France désavouer un président sortant au détriment d’un autre? Alors que ce dernier a su protéger certains intérêts stratégiques de la France et de ses amis? La France a-t-elle réellement intérêt à ce qu’il y ait subitement une démocratie en Côte-d’Ivoire et que les ports de cette dernière soient fermés?


Dernièrement, le plus grand trafiquant d’armes sur terre qui ont causé et continuent de faire des millions de morts et d’handicapés à vie en Afrique ou ailleurs dans le monde est arrêté sans vraisemblablement le visa de la Russie. Le référendum du Sud Soudan en cours.

Je fais l’hypothèse selon laquelle, il y a une pression venant du plus haut voulant l’instauration d’une culture d’alternance démocratique en Afrique. Comme pour dire : « soit vous nous aidez à instaurer la démocratie en Afrique, soit vous êtes contre nous ». Cette fois-ci, ce discours se tient sans fanfare ni trompette de guerre. La Côte-d’Ivoire n’est qu’un début. « Time will tell » a dit Bob Marley.


Antoine Koffi Nadjombé